Sur la table, un carnet à spirales, un gobelet de café encore chaud, quelques post-it roses collés au hasard. Autour, douze personnes debout devant un paperboard, en train de discuter fort d’un planning. On est le 19 novembre 2025, dans une salle de réunion d’OMS Energie à Chinon, en Indre-et-Loire. La bannière verte de l’entreprise trône dans un coin. Ce jour-là, Alexis Lavigne, sophrologue et cofondateur de Terra Sana à Saumur, anime la troisième journée d’une formation qui s’étale sur cinq jours pleins.
Ce n’est pas un séminaire de motivation venu d’ailleurs. C’est une formation construite avec l’entreprise, pour l’entreprise, et surtout pour durer.
OMS Energie n’est pas un nom que l’on croise tous les jours. Pourtant, l’entreprise intervient depuis 1988 dans dix centrales nucléaires françaises. Filiale d’OMS Synergie Group, dixième entreprise française du secteur du nettoyage et des services associés, elle emploie 453 collaborateurs qualifiés et experts dans le nucléaire. Basée 8 rue Rolland Pilain à Chinon, elle est partenaire d’EDF depuis plus de trente ans.
Son cœur de métier tient en quelques mots techniques mais concrets : logistique de maintenance et d’exploitation en tranche, en marche comme à l’arrêt. Concrètement, cela recouvre la préparation de chantier avant l’intervention des sociétés spécialisées, le gardiennage et le déshabillage sur site, la décontamination des locaux industriels, la gestion des magasins d’outillage, la conduite d’engins de manutention et de levage, ou encore la gestion radioprotection des accès. À cela s’ajoutent l’exploitation des laveries et de la chaîne du linge, les ateliers de décontamination, et le maintien en propreté radiologique des installations, jusqu’à leur mise à blanc complète.
Un métier de terrain, exigeant, encadré par des protocoles de sûreté stricts. Et un métier où les chefs de chantier et chefs de site tiennent un rôle qu’on sous-estime trop souvent : celui de manager de proximité, au contact direct des équipes, souvent seuls face aux tensions du quotidien.
L’histoire de l’entreprise remonte à 1980, avec la création d’OMS Synergie Group, alors spécialisé dans la propreté industrielle. Le virage vers le nucléaire date de 1988. Suivront la certification ISO 9001 en 2002, la certification CEFRI n°333E en 2005, puis la création de l’entité juridique OMS Energie en 2014, année où le groupe adhère également au Pacte Mondial des Nations Unies. Une entreprise qui revendique elle-même la réactivité d’une PME, une organisation régionale proche de ses clients, et un alignement managérial fort autour de comités de pilotage nationaux.
C’est précisément cette organisation en réseau régional qui explique pourquoi la question du management de proximité pèse autant chez OMS Energie. Sur dix sites nucléaires différents, avec des équipes qui tournent au rythme des arrêts de tranche et des prises de marché, les chefs de chantier et responsables d’exploitation deviennent le point de contact quotidien entre la direction et les équipes de terrain. Leur capacité à encadrer, arbitrer, et transmettre une exigence de sûreté sans casser la dynamique collective, pèse directement sur la qualité du service rendu à un client aussi exigeant qu’EDF.
L’histoire commence par un constat simple, raconté sans détour par Alexis Lavigne. OMS Energie avait déjà tenté de former ses managers de proximité avec un autre prestataire. Le résultat n’avait pas tenu la distance. « Ils l’avaient fait avec un autre prestataire, mais ça faisait un truc deux ou trois fois et ça s’arrêtait », résume-t-il. Une formation ponctuelle, sans continuité, sans réel ancrage dans les pratiques.
Le contexte, lui, ne laissait pas de place à l’à-peu-près. OMS Energie venait de remporter un nouveau marché, ce qui signifiait l’arrivée de personnel nouvellement intégré, parfois novice sur les codes de l’entreprise. Il fallait structurer une formation capable de tenir dans la durée, et surtout d’évoluer avec les besoins identifiés au fil des sessions. Pas un module figé qu’on déroule une fois puis qu’on range dans un tiroir.
L’autre attente, plus subtile, portait sur la manière de coanimer. OMS Energie ne voulait pas de deux formateurs qui se relaient chacun leur tour, l’un après l’autre, sans lien entre eux. L’entreprise cherchait une vraie synergie entre les deux animateurs, une coanimation où les deux voix se répondent plutôt que de simplement se succéder.
C’est sur ce cahier des charges qu’Alexis Lavigne a construit sa proposition, fort d’une double expérience rare : dix ans comme formateur dans le milieu nucléaire avant de devenir sophrologue, complétés par une solide maîtrise de l’ingénierie de formation. Le mélange entre la connaissance intime du secteur, une approche centrée sur l’humain, et la capacité à structurer un parcours pédagogique complet a fait la différence.
Le programme finalement retenu tient sur cinq jours pleins, du lundi au vendredi, articulés autour de quatorze séquences. Chaque journée démarre par un réveil matinal, un temps de pratique sophrologique glissé volontairement en ouverture plutôt qu’en fin de parcours, pour ancrer une disposition d’esprit avant d’attaquer les sujets denses.
Le fil du programme alterne volontairement les registres. Certaines séquences traitent des fondamentaux du management : les styles de management, les styles de managé, comment recadrer un collaborateur, comment gérer un conflit. D’autres portent sur la connaissance de soi, avec un profil DISC, un travail sur les types d’intelligence, un profil assertif. D’autres encore sont résolument pratiques : carte mentale, prise de parole, matrice d’Eisenhower pour prioriser les urgences. Le tout est complété par un volet plus technique, propre au métier d’OMS Energie : maîtrise des outils informatiques métiers, système qualité, exigences client, maîtrise documentaire.
Une mise en situation de management vient clore le parcours en fin de semaine, suivie d’un débriefing collectif. Un support stagiaire structuré, une sorte de livret de référence, accompagne chaque participant tout au long des cinq jours et reste ensuite consultable.
Ce qui frappe, en observant l’avancement du programme documenté début septembre 2025, c’est le degré d’ajustement permanent. La pratique de sophrologie a été déplacée en ouverture de journée plutôt qu’en milieu de parcours. La mise en situation management a été repositionnée en fin de programme plutôt qu’en milieu de semaine, pour laisser aux participants le temps d’intégrer les outils avant de les mobiliser. L’évaluation collective, jugée trop rigide, a été supprimée au profit d’un format individuel. La matrice d’Eisenhower, elle, a été intégrée en cours de route à la séquence consacrée au stress et aux émotions, pour donner aux participants un outil concret de priorisation immédiatement après avoir travaillé sur leurs mécanismes de charge mentale. Rien n’est figé : chaque session nourrit la suivante.
Le déroulé de la semaine suit une logique de montée en compétence progressive. Le lundi ouvre sur l’accueil et la manière d’accueillir soi-même un nouveau collaborateur, un sujet loin d’être anodin pour une entreprise qui vient d’intégrer du personnel après une prise de marché. Le mardi enchaîne sur la prise de parole en public et la stratégie propre à OMS Energie, avant de basculer l’après-midi sur les fondamentaux du management et la maîtrise des outils documentaires internes. Le mercredi installe deux temps forts : l’utilisation du logiciel métier puis, sur toute l’après-midi, une séquence dense consacrée au stress et aux émotions. Le jeudi se concentre sur le reporting, le pilotage et la notion de responsabilité, avant de conduire les participants vers la mise en situation de management et son débriefing collectif. Le vendredi referme la semaine sur la gestion de conflit, des apports spécifiques adaptés aux besoins identifiés en cours de route, et une synthèse générale.
Un support pédagogique complet, conçu comme un livret stagiaire, structure l’ensemble du parcours autour de cinq grands pôles : la connaissance de soi, avec le profil DISC, les types d’intelligence et le profil assertif ; le management, avec les styles de management et de managé, le recadrage d’un collaborateur et la gestion de conflit ; les outils pratiques, entre carte mentale, prise de parole et matrice d’Eisenhower ; la prévention du stress, autour des émotions et de la surcharge ; et enfin le système qualité propre à OMS Energie, avec la stratégie, les exigences client et la maîtrise documentaire. Chaque thématique reste consultable après la formation, pensée comme un outil de référence à reprendre sur le terrain plutôt que comme un simple support de cours archivé.
Sur le terrain, cette formation repose sur un principe simple à énoncer, plus difficile à tenir : la coanimation. Alexis Lavigne intervient sur la posture managériale et la relation humaine, terrain naturel pour un sophrologue formé à l’accompagnement du stress et des émotions. François Micout, responsable HSE d’OMS Energie, prend le relais sur les logiciels métiers et l’organisation propre à la structure, sur les outils comme Winlassie ou les procédures de documentation interne.
Mais il ne s’agit pas de deux blocs juxtaposés. « On avait besoin d’une vraie coanimation, pas un enchaînement de deux animateurs, une synergie », insiste Alexis Lavigne. Concrètement, cela veut dire des séquences pensées à deux voix, où l’expertise technique du responsable qualité et l’approche humaine du sophrologue se répondent plutôt que de se succéder sans lien.
À observer une session en cours, quelque chose se joue au fil des cinq jours qui dépasse la simple transmission de contenu. Alexis Lavigne le décrit sans grandiloquence : au fil de la semaine, l’assurance des participants progresse, et leur communication s’améliore visiblement. Des managers de proximité parfois peu habitués à prendre la parole en public gagnent en aisance, à mesure que les séquences de prise de parole et de gestion de conflit s’enchaînent.
Le résultat n’est pas seulement anecdotique. Les enquêtes de satisfaction menées après chaque session sont, de l’aveu même d’Alexis Lavigne, bonnes à excellentes. Et surtout, la collaboration se poursuit : après une première vague de sessions en novembre 2025, plusieurs autres ont eu lieu tout au long de l’année 2026, toujours avec des groupes de douze participants. Le directeur de l’entreprise et le responsable qualité, qui coanime le programme depuis le premier jour, recommandent aujourd’hui Alexis Lavigne sans réserve.
Ce qui se joue là dépasse la seule mécanique pédagogique. Pour des chefs de chantier habitués à gérer des impératifs de sûreté, de délais et de conformité documentaire, s’autoriser à travailler sur sa propre posture, sa manière de recadrer un collaborateur ou de gérer une tension d’équipe, n’a rien d’évident au départ. La présence, dès le premier réveil matinal, d’un temps de sophrologie, installe d’emblée une tonalité différente de celle d’une formation technique classique. C’est aussi ce qui explique, selon Alexis Lavigne, que la progression sur l’assurance et la communication devienne perceptible dès le milieu de la semaine, avant même la mise en situation finale.
Le co-animateur de la formation a un nom : François Micout, responsable HSE chez OMS Energie. C’est avec lui qu’Alexis Lavigne construit et ajuste le programme session après session. Sur LinkedIn, le directeur d’OMS Energie a lui-même salué ce duo dans un message resté remarqué en interne : « Un grand merci à Alexis Lavigne et François Micout pour leur créativité, leur ingéniosité et leur savoir, mis au service de nos managers. Quand on réunit ceux qui doivent être les meilleurs ambassadeurs de nos intentions pendant une semaine, que tous viennent de sites et d’activités différentes, et bien il faut la grande compétence de deux chefs d’orchestre. » Il ajoute, à l’attention d’Alexis Lavigne : « Ton entreprise Terra Sana et tes valeurs représentent un formidable outil pour OMS et un vecteur des enjeux qualité que déploient François et son équipe HSE. »
Cette image du « chef d’orchestre » résume bien la mécanique de la coanimation : réunir en une même semaine des managers venus de sites et d’activités différents, chacun avec ses propres habitudes de terrain, et parvenir à en faire un collectif capable de porter un même niveau d’exigence, qualité comme humaine.
Reste la question de la continuité, celle-là même qui avait fait défaut avec le prestataire précédent. Ici, la répétition des sessions tout au long de 2025 et 2026 fonctionne comme un mécanisme d’amélioration continue. Chaque nouvelle promotion de douze managers permet d’ajuster un détail du déroulé, de retravailler une séquence jugée trop dense, ou d’enrichir le livret stagiaire d’un outil supplémentaire. Ce mode de fonctionnement, proche de l’amélioration continue que connaissent bien les équipes qualité du secteur nucléaire, a sans doute contribué à convaincre OMS Energie de renouveler sa confiance session après session.
Terra Sana, fondée en juillet 2022 à Saumur par Alexis Lavigne et Mélissa Duval, s’adresse en général à une clientèle particulière autour de la sophrologie, du magnétisme et de l’accompagnement du burnout. Mais le cabinet développe en parallèle un pôle entreprises, où l’expérience industrielle d’Alexis Lavigne prend tout son sens. Dix ans de formation dans le nucléaire, une diplomation en animation de sécurité au travail, puis une reconversion vers la sophrologie : ce parcours atypique permet à Terra Sana de proposer aux entreprises, notamment en Maine-et-Loire et en Indre-et-Loire, des formations qui parlent le langage du terrain industriel tout en intégrant une vraie dimension humaine.
L’exemple d’OMS Energie à Chinon illustre ce que peut donner une formation quand elle n’est pas pensée comme un produit sur étagère, mais construite avec l’entreprise, ajustée session après session, et coanimée par des intervenants qui se complètent réellement.
Alexis Lavigne, co-fondateur de Terra Sana Bien-être à Saumur, sophrologue et ancien formateur du secteur nucléaire. Il coanime depuis 2025 la formation management de proximité d’OMS Energie à Chinon, aux côtés du responsable qualité de l’entreprise, et accompagne plus largement les entreprises dans leurs démarches de prévention des risques psychosociaux.
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Samedi : 9h00 à 18h00
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